Our Recent Posts

Archive

Tags

No tags yet.

Undémon descouleurs oriental

Liu Weidong

Président de l’Université des Arts de Nankin

trad. Marie Laureillard (罗蕾雅)

Le titre pourrait d’abord laisser penser à une signification érotique. Sens littéralet logique linguistique conduisent tout naturellement à faire une telle supposition. Mais je voudraissimplement raconter ici une histoire decouleur magique apparue dans la peinture chinoise. Loin de moi de nourrir une intention sensationnaliste, c’est plutôt une expression sincère et directe qui m’amène au cœur de ma problématique. Qin Xuanfu, professeur à la Faculté des beaux-arts de l’Université Normale de Nankin, a prononcé un jour des parolesqui m’ont beaucoup impressionné : face à une peinture de nu, que vous y voyez une femme ou une œuvre d’art dépend de votre niveau culturel et moral.

Patrimoine mondial : notre dame de Paris ( I ) papier de riz, encre, couleurs nationales 97cm x 180cm 2020

La peinture traditionnelle chinoise n’a jamais complètement abandonné la couleur à strictement parler. La prédilection pour l’encre au lavis n’est survenue qu’à partir de la dynastie des Yuan. Sous les Song, l’emploi de la couleur en peinture avait atteint des sommets. Dans certaines œuvres, les couleurs dérogeaient même aux règles s’appliquant aux différents genres picturaux. Par la suite, avec l’essor de la peinture de lettrés, les couleurs se sont atténuées au profit de l’encre. Toutefois, pour décrire l’expressivité de l’encre, les peintres ont distingué « cinq couleurs de l’encre » plutôt que « cinq degrés d’encre », « cinq catégories d’encre » ou « cinq types d’encre ». Cela montre à quel point le concept de couleur continuait à jouer un rôle crucial dans la peinture au lavis. Au fond, l’encre était une forme de couleur portée à un haut degré d’abstraction.

Ainsi, comme nous le suggérions plus haut, la couleur n’a-t-ellejamais été véritablement absente de l’histoire de la peinture chinoise. Plus on approche de l’époque moderne, plus la renaissance de la couleur est manifeste. Les œuvres de peintres tels que Yun Nantian, Ren Bonian ou Wu Changshuo se composent à parts égales de couleur et d’encre : chacun d’eux a su créer en son temps une factureet un style personnels. Au vingtième siècle, appelés à réformer latradition, les artistes ont redonné à la couleur toute son importance. Lin Fengmian est sans doute la personne la plus emblématique à cet égard, suivi par son disciple Wu Guanzhong,qui y a également apporté une réponse positive. Tous deux avaient étudié en France : Linproposa de concilier les méthodeschinoise et occidentale, tandis que Wu préféra en finir avec l’idée « du pinceau et de l’encre » en déclarantde manière radicale que « le pinceau plus l’encre égalent zéro ». Leurs œuvres se caractérisent par de riches couleurs, parfois gratuites, qui,finalement, dansent toujours en lien avec les lignes, bien que les deux peintres aient chacun atteint la perfection en suivantunevoie singulière.Pourtant, par rapport à la peinture traditionnelle au lavis, cette réforme n’est au fond que bonnet blanc et blanc bonnet. Avec Les Montagnes Jaunesà l’encre briséede Liu Haisu et Le Lotus à l’encre briséede Zhang Daqian, œuvres de deux des plus grands peintres que compte la Chine du vingtième siècle, la peinture au lavis parvint à une modernité à la fois formelle et thématique, tout en conférant à la couleur une place de premier plan. Toutefois,le fait que cette réforme s’inscrivait dans le cadre de la peinture au lavis traditionnelle posait problème. Aussi éclatante soit-elle, la couleur n’y revêtait pas de dimension subversive.

Puis, chez Tian Liming, les taches de lumière sont devenues un symbole, non seulement de sa maîtrise de la couleur et de l’humidité de la touche, mais aussi de son introduction de la lumière dans la peinture chinoise en tant qu’élément de la composition. Ce faisant, ila beaucoup enrichinotre conception du lavis en élargissant son domaine d’expression. Malheureusement, il existe un paradoxe entre sa théorie et ses œuvres, qui naît du conflit entre un conservatisme implicite et une expérimentation explicite qui l’empêche d’aller plus loin.Quant auxpaysages de Lu Yushun, excellent peintre contemporain,ils sont réputés pour leurs couleurs ardentes etleurs motifs puissants qui leur confèrent une forte significationsymbolique, mais cette expérience moderne explosivemanquequelque peu d’épaisseur. Elle ressemble à une éruption fortuite dans le paisible paysage de la peinture traditionnelle millénaire.En un sens, malgré leur profusion de couleurs, les visions de Lu Yushun ne diffèrent pas fondamentalementde celles des paysagistes traditionnels.

Dans cette discussion sur la couleur dans la peinture au laviscontemporaine, un artiste apparaît incontournable : Yang Ermin. Peu de gens ont une conscience aussi profonde que lui de l’importance de couleur dans la modernisation du lavis traditionnel. Il promeut sans relâche la révolution de la couleur, convaincu que son choix devrait devenir celui de notre époque. Sa position à l’opposé du courant dominant, c’est-à-dire la toute-puissante peinture traditionnelle, le condamne à naviguer seul à contre-courant.

En utilisant lui aussi les matériaux traditionnels de la peinture chinoise (papier, pinceau, encre, pigments, etc.), YangErmin parvient à redéfinir l’usage des couleurs dans la peinture ainsi que leur signification. Il efface les lignestout en mettant l’accent sur la couleur, qui lui permet de modelertous les élémentset destructurer le rythme et l’espace de l’image. Il refuse de recourir aux emprunts et transferts complémentaires habituels et conserve une attitude prudente envers l’idée et la pratique d’une fusion de l’art chinois et de l’art occidental. Dans son œuvre, il s’inspire rarement de modèles traditionnels chinois, moins encore de paradigmes classiques de la peinture occidentale. Il transforme la riche expressivité de la couleur en unités de langage avec lesquelles il créeune splendide poésie, qu’il s’agisse de paysages, de personnages, de natures mortesou de compositions florales. En d’autres termes, il décompose l’héritage artistique oriental et occidental en éléments indifférenciés pour les recomposer ensuite dans un nouvel univers chamarré et magique. Son œuvre est ainsi imprégnée d’une esthétique à la fois orientale et universelle.

Bien sûr, l’apport de Yang Ermin n’est pas encore tout à faitreconnu à sa juste valeur, il est même marginalisé. Mais cette marginalisationme sembleprécisémentmontrer la potentialité etl’espace infinisdesa création. Si l’épopée personnelle de Yang Ermin pouvait devenir celle de notreépoque, alors le cheminement vers la mondialisation de la peinture chinoise, à n’en pas douter, prendrait de l’ampleur.

[1]En chinois, un « démon des couleurs » 色魔peutégalement signifier un « obsédé sexuel ».

28 avril 2020

Patrimoine mondial : notre dame de Paris ( iii ) papier de riz, encre, couleurs nationales 180cm x 97cm 2020

La couleur de l’heptose papier de riz, encre, couleurs nationales 179cm × 95cm 2020

Au printemps papier de riz, encre, couleurs nationales 68cmx136cm 2020

Série d'octobre ( I ) papier de riz, encre, couleurs nationales 145cmx190cm 2020

Série d'octobre ( ii ) papier de riz, encre, couleurs nationales 145cmx190cm 2020

Helianthus annuus l papier de riz, encre, couleur de peinture chinoise 69cm × 69cm 2020

Tournesol papier de riz, encre, couleur de peinture chinoise 145cm x 367cm 2019

Les roses papier de riz, encre, couleur de peinture chinoise 129.6cm x 67.3 cm 2019

Festival de la mi-automne papier de riz, encre, couleur de peinture chinoise 138.8cm x 69.1 cm 2019

Yingluck papier de riz, encre, couleur de peinture chinoise 169.1cmx95.3cm 2019

Zuma Papier de riz, encre, peinture chinoise 129.5cm x 67.6 cm 2019

Matin papier de riz, encre, peinture chinoise 171.2cm x 95.3 cm 2019

Quince papier de riz, encre, peinture chinoise 171.5cm x 95.4 cm 2019

D’où venons-nous? Papier de riz, encre, peinture chinoise 144.6cmx366.5cm 2019

Le pape françois de papier de riz, d'encre, de peinture 144cmx110cm 2019

Yalin papier de riz, encre, couleur de peinture chinoise 160cmx68cm 2019

D' été papier de riz, encre, couleur de peinture chinoise 68cm x 80cm 2019

Le commencement du printemps de riz, encre, peinture chinoise 136cm × 68cm 2019

Danding phoenix papier couleur 367cmx144cm 2018

Rue avec des fleurs papier couleur 69cm x 114.5 cm 2018

Cinq du patrimoine mondial 5 papier de riz, encre, couleurs nationales 69cmx136cm 2018

Résistance à la rivière ma papier couleur 68cmx68cm 2016

Printemps papier couleur 96.5cmx60cm 2016